ESSF ( ZlobinaTamara) le 26 avril
À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la catastrophe de
Tchernobyl — quelques semaines à peine après les fusions de cœur de
Fukushima Daiichi —, la critique féministe ukrainienne Tamara Zlobina
examine une exposition kyivaine qui affronte ce qu’elle nomme
l’« infotraumatisme » de la catastrophe nucléaire. Sa thèse :
l’explosion du 26 avril 1986 est devenue un désastre mondial non
seulement par la radiation, mais par le silence imposé par les autorités
soviétiques ; les États post-soviétiques ont prolongé ce déplacement —
les liquidateurs sont abandonnés aux tribunaux et à la maladie chronique
tandis que les politiques nationalistes de la mémoire convertissent
leur sacrifice en pathos cérémoniel. Le projet artistique collectif
« 1986. Deux regards » est lu ici comme une alternative à l’oubli comme à
l’instrumentalisation. [AN]