On en Agro de Basta ! le 16 juillet
Recouvrir des terres
agricoles fertiles de béton pour y bâtir une grande ville connectée,
toute entière tournée vers l’intelligence artificielle : c’est le
mégaprojet qui couve depuis 20 ans à une trentaine de kilomètres de
Bangalore, dans le sud de l’Inde. Capitale nationale de la haute
technologie, la ville accueille de nombreuses multinationales du
secteur. 200 hectares de cultures de mil pourraient être avalés par ce
projet, mais également des cultures de noix de coco et autres fruits,
des fermes de vers à soie et des élevages laitiers.
Évoqué pour la première fois
en 2006, ce projet avait été rangé dans les cartons à la suite de vives
protestations, mais il a réapparu il y a un peu plus d’un an et est
désormais vendu comme « la première ville pilotée par l’IA ».
26 villages sont menacés de destruction par ce mégaprojet urbain qui
devrait s’étendre sur près de 5000 hectares quand il sera terminé. C'est
l'annonce de la première phase d'acquisition de 200 hectares par
l’État, il y a quelques semaines, qui a relancé la mobilisation, déjà
très active.
Car cette région de l’Inde
n’est pas seulement celle des nouvelles technologies : elle est aussi le
territoire du Karnataka Rajya Raitha Sangha (KRRS), puissante
association de paysan·nes. Agricultrices et agriculteurs menacés
d’expropriation luttent sans relâche pour sauver leurs terres, mais
aussi pour l’autonomie alimentaire de la région et la biodiversité. Ils
refusent d’abandonner leurs fermes, quelle que soit l’indemnisation
proposée. « Nous ne sommes pas sûr·es de retrouver des terres, ni
d’être relogé·es ni d’avoir du travail. Et que vont devenir nos enfants ?
», ont rapporté des opposant·es au micro du média indien The new minute.
Ils et elles réclament plutôt des investissements qui améliorent leurs
conditions de travail et, plus globalement, celles des habitant·es des
zones rurales.