Frustration ( Farton Bink ) le 29 juin
J’ai passé quelques mois à travailler sur les
dossiers de rénovation énergétique à l’Assemblée nationale. Quelques
mois à observer passer les textes réglementaires, les amendements, les
rapports de l’ANAH, les courriers des usagers. Et ce qui m’a frappée, ce
n’est pas tant la complexité du dispositif (réelle, et volontaire, j’y
reviendrai) que la constance avec laquelle chaque réforme venait
corriger la précédente, laquelle corrigeait celle d’avant, dans un
mouvement perpétuel qui donnait l’impression d’une grande activité, d’un
chamboulement, sans jamais rien changer à l’essentiel. MaPrimeRénov’
ressemble à ça : une aide publique qui se revendique ambitieuse, qui
occupe le terrain médiatique, qui permet à n’importe quel ministre de
sortir un chiffre impressionnant en conférence de presse, et qui, à y
regarder de près, a surtout permis à l’État de se féliciter pendant que
les logements continuaient de cramer.