Hors-série ( Manuel Cervera-Marzal) le12 septembre
Le numérique fut longtemps paré de nombreuses vertus. Internet devait abolir les hiérarchies, démocratiser le savoir et favoriser la transparence. Puis vint l’intelligence artificielle, promise à libérer les salariés des tâches ingrates, à trouver de nouveaux traitements médicaux et, tant qu’à faire, à sauver la planète. L’avenir serait radieux, à condition de faire confiance à ceux qui le fabriquent, pour notre bien, ça va de soi. Le tableau est aujourd’hui moins plaisant. Derrière les écrans et les algorithmes, nous savons désormais que se trouvent l’extraction des ressources, l’exploitation des ouvrier·es du Sud, l’intensification du travail et les centres de données qui engloutissent des quantités d’eau et d’électricité. Il y a aussi la surveillance des populations, l’automatisation des services publics et la fascination des gouvernants pour une technologie qui ne s’embarrasse ni des lois ni des contre-pouvoirs.